J'en ai pris plein la gueule ces dernières années. Et pourtant j'ai jamais cessé de croire en la bonté profonde des gens. Je n'ai haï qu'une seule personne. C'est une des dernières choses en laquelle j'ai foi. Parce que le reste, j'ai plus foien rien.Dieu ? Il était ou ? La paix ? Laissez moi rire. L'amour ? Et puis quoi encore ? Je deviens sceptique, incrédule. 
Comme je perds pied aujourd'hui, et que je ne sais pas ou je vais, l'ivresse reste un moyen de se dire qu'on s'appartient encore.

S'abrutir de lectures, de musique, d'alcool. Tout ça t'évite aussi de penser a ce qui arrive après. J'faisais des plans pour l'avenir avant. Maintenant je ne vois que les deux années a venir. Pas envie de penser au moment ou je serais adulte, responsable. Peut-être père. J'me vois pas. J'veux pas me voir. L'ivresse t'évite ça.

Et tu ris, heureux de savoir que, ivre de tout ça, ton instinct reprend le dessus. Et que la réalité n'a plus de raison d'être. Et que vu qu'elle n'existe pas, le monde entier t'appartient et que tu peux tout faire, aimer, voler, parler, rire et chanter, parce que demain matin, t'auras oublié. Et que ta gueule de bois t'empêchera de te souvenir de ces éphémères moments de bonheur.